TRAVAUX EN LOGE 6018

 

NEWTON 1643 - 1727

 

Isaac Newton naquit le 4 Janvier 1643 à Walesthorpe dans le comté du Lincolnshire en Angleterre, douze ans après la mort de Johannes Kepler, savant mathématicien et astronome. Le père d’Isaac Newton, était décédé trois mois plus tôt. Sa mère Hannah Ayscougt se remaria avec le révérend Barnabas Smith et confia son enfant chétif aux soins de sa grand-mère. Son enfance ne semble pas avoir été heureuse. Newton conserva une forte animosité envers son beau père et des relations difficiles avec sa grand-mère. Il restera célibataire toute sa vie. De 12 ans à 17 ans, Newton fréquenta la Kings School de Grantham où il apprit le Latin et le Grec. Sa mère le rappela auprès d’elle pour lui apprendre le métier de fermier. Mais devant le peu d’intérêt de son fils pour le travail agricole et convaincue par l’un de ses anciens professeurs de la Kings School, Henri Stokes, elle l’autorisa à quitter le domaine familial et à retourner à l’école. Dès lors, Newton fut un élève très brillant. En 1661, Newton entra au Trinitry College à Cambridge. Il étudia la physique et les mathématiques apprenant tout le savoir de l’époque et dévorant les écrits de Johannes Kepler. (1) Sa curiosité et sa soif de connaissances étaient insatiables au point qu’il négligeait son alimentation, son sommeil et même son hygiène personnelle. Il reçut un bachelor’s degree, équivalent à une licence de notre époque, à 22 ans.

 

  1. Lois de Kepler : description d’un mouvement de rotation elliptique autour du soleil, dont il occupe l’un des foyers.

 

Newton créa une branche des mathématiques, le calcul infinitésimal ou calcul différentiel et intégral. Son désir de s’instruire le conduisit à s’intéresser à nombre de phénomènes naturels, comme la couleur. En 1665, une épidémie de peste s’abattit sur Cambridge, ce qui le contraignit à retourner loger au foyer familial dans le Lincolnshire. Là, il poursuivit ses recherches sur le calcul, l’optique et la lumière. Il s’intéressa également à la gravitation, dont il eut l’intuition que les effets devaient s’étendre bien au-delà de ce que l’on pensait habituellement. Pour la légende, Newton se reposait sous un pommier de sa maison, lorsqu’il vit tomber une pomme sur le sol. L’histoire de la pomme a fait la légende, mais le pommier existe toujours et continue de donner ombre et fraicheur au manoir de Walesthorpe au Royaume Uni.

 

Newton retourna à Cambridge en 1667 pour y poursuivre ses études. En 1668, il acheva la fabrication du premier télescope à réflexion, c'est-à-dire le changement des ondes lumineuses par réflexion sur un miroir fixé sur le côté. Ce télescope se démarquait dans sa conception de la lunette astronomique de Galilée basée sur la réfraction, c’est une déviation d’un rayon lumineux qui passe d’un milieu à un autre. Le principe du télescope Newtonien est encore utilisé par de nombreux laboratoires spatiaux dont Hubble. En 1679, Newton repris ses travaux sur la mécanique céleste en tenant compte de la gravitation et ses effets sur le mouvement planétaire, défini par les Lois de Kepler. La force d’attraction exercée entre deux corps de masse différente, séparés l’un de l’autre, est proportionnelle au produit de leur masse et inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare. Cette Loi permit à Newton de généraliser les Lois de Kepler.

 

Newton établit sa Loi de la gravité durant la seconde moitié du 17e siècle. La théorie de Newton unifiait au sein d’une seule Loi physique deux phénomènes distincts. La chute d’un corps sur la terre et le mouvement orbital des planètes et satellites. La force gravitionnelle de ces deux mouvements en était responsable. D’après Newton, la Lune tombait sur la terre attirée par une même force qui fait chuter une pierre. Cependant le mouvement de la Lune en direction parallèle à la surface de la terre et la sphéricité de cette dernière transforme cette chute en une succession infinie de révolutions. C'est-à-dire, selon Newton, que la Loi de la gravité produisait des orbites elliptiques, déjà montré par Kepler. Si la Lune n’était pas animée d’un mouvement transversal elle tomberait sur nos têtes. La lune est en chute perpétuelle seulement grâce à sa vitesse.  En 1687, furent publiés les principes d’Isaac Newton. Principes mathématiques de la philosophie naturelle, c'est-à-dire une synthèse magistrale de la compréhension scientifique du Cosmos. Naissance de la théorie de la gravitation universelle et de la mécanique de Newton.

 

Loi 1 sur la gravité. L’Univers est constitué d’une matière composite de corpuscules indivisibles qui ne s’interpénètrent pas. Ils sont répartis dans un espace vide et interagissent selon des forces réciproques centrales et inversement proportionnelles au carré de la distance, qui sépare deux d’entre eux.

 

Loi 2 - Hypothèse de l’espace absolu antérieur à tous les objets matériels et indépendants de leur existence. Il anticipe en avance sur notre époque, concernant le vide absolu antérieur au mur de Planck (théorie des cordes), encore très conjectural aujourd’hui chez nos chercheurs.

 

Loi 3 - Le temps absolu, c’est un temps qui s’écoule de la même manière dans toutes les régions de l’Univers. Au 20e siècle, Albert Einstein démantela cet absolu spatiotemporel et modifia en profondeur la théorie Newton. (Relativité restreinte 1905). Il est impossible de séparer l’espace et le temps.

 

Loi 4 - Un ensemble de lois du mouvement dont le principe est inertie. Tout corps persévère dans ses états de repos ou de mouvement rectiligne à moins qu’il ne soit obligé de changer d’état par la cause des forces exercées sur lui. C'est-à-dire une étoile qui implose ou un trou noir, théories de notre époque ; ou simplement d’une grande masse qui passe à côté de lui. Les trous noirs et les super novas restent assez inédits.

 

Principe fondamental de la dynamique .- Pour qu’un objet soit accéléré ( ex. -  Un boulet de canon propulsé par l’action explosive de la poudre ) Une force extérieure, comme la poudre dans mon exemple, doit agir sur lui. Celle-ci est toujours le résultat d’une interaction avec un autre objet, c'est-à-dire une collision. Egalement à distance, comme l’action de la Lune sur les océans visibles par le phénomène des marées.

 

Son ouvrage sur les propriétés de la Lumière en 1675, me font penser à la matière noire, théorie d’actualité mais encore très conjecturale. Concept de l’éther comme substance subtile capable de vibrer et en conséquence de soutenir la transmission de la Lumière. Cette substance se trouverait dans tous les recoins de l’Univers, plus ou moins importante selon qu’il y ait plus ou moins de matière. L’Ether de Newton pouvait soutenir la transmission de l’intéraction gravitionnelle d’un corps à un autre. L’une des expériences les plus citées de la physique est celle que réalise Newton en 1665 en utilisant un prisme (Corps présentant deux faces planes avec une arête commune), afin de démontrer que la Lumière blanche, celle du soleil était composée d’autres lumières élémentaires qui pouvaient se recombiner pour donner à nouveau de la lumière blanche. Il plaça un prisme dans une pièce de façon à ce que la lumière le frappe après être passée à travers un orifice. La lumière qui sortait du prisme n’était plus blanche, il remarqua que la valeur de réfraction variait en fonction des différentes couleurs. La lumière bleue se rétractait davantage que le rouge en traversant le premier prisme ; autrement dit elle déviait davantage de sa trajectoire initiale. La lumière, ondes électro magnétiques, peut intéragir avec les charges électriques qu’elle rencontre sur son chemin. Dans l’atmosphère, elle peut être absorbée par les différentes molécules de l’air. Le bleu du ciel est la conséquence de l’éparpillement de la lumière par les molécules de l’air  (oxygène, azote, dioxyde de carbone). Il en est de même des tons jaunes, oranges et rougeâtres des couchers de soleil. Il faut également prendre en considération l’angle incident de ses rayons qui modifie la réfraction. Quand l’atmosphère est chargée de poussière, le ciel nous apparait jaune orangé, étant donné, que les particules en plus de diffuser de la lumière, absorbent principalement la lumière bleue et verte , mais se décomposait en diverses couleurs formant un continuum allant du rouge au violet, en passant par les couleurs de l’arc en ciel. C'est-à-dire, un spectre de la lumière solaire. A cette époque certains savants estimèrent que c’était le prisme qui colorait la lumière. En installant un diaphragme pour régler la quantité de lumière sur le spectre obtenu, Newton isole chacune des lumières colorées élémentaires. Il démontre que le prisme ne décolorait pas la lumière, mais décomposait la lumière blanche en lumière élémentaire de différentes couleurs. On sait aujourd’hui que l’on peut également obtenir de la lumière blanche en combinant les trois couleurs primaires qui sont le bleu, le jaune et le rouge.

 

 

Newton et Einstein sont considérés comme les deux plus importants savants du monde.

 

Citations de Newton - Je suis arrivé aussi loin grâce aux épaules de géants. Il pense à Kepler et bien d’autres anciens chercheurs. Je peux calculer les mouvements des corps célestes mais pas la folie des gens.

 

Ses découvertes - La planète Neptune la plus éloignée du soleil et quatrième planète par la taille dans notre système solaire, l’explication des marées, le calcul rigoureusement exact des distances et positions des planètes, les éclipses, la mesure de la masse des étoiles et des planètes, sa Loi de la gravitation universelle et le développement du calcul différentiel. (universelle jusqu’à EINSTEIN / relativité générale 1915.)

 

Cette planche est le fruit d’études sur  37 livres soit 6000 pages écrites, dans une collection de  l’Astronome Hubert Reeve, pendant le mois d’Aout 6018. J’aime l’Astronomie qui est en maçonnerie l’Etoile Flamboyante des Compagnons. C’est un symbole qui apporte des connaissances, sans limite et fin sur les Univers et ses trous noirs. Ces derniers, célèbres par les recherches du grand savant physicien Stephen William Hawking né en 1942 à Oxford et décédé dernièrement. Il suggère en 1983 qu’avant le Big Bang le temps n’existait pas et que par conséquence le concept «  du commencement de l’Univers » est dénué de sens.

 

Pour la philosophie de cette planche

 

Parler de commencement de l’univers peut s’avérer plus compliqué qu’il n’y parait. En effet, tout dépend de la signification que l’on prête au terme « d’origine ». Deux définitions existent, la première consiste en une considération proche des astrogonis monothéistes, c'est-à-dire un point originel. La deuxième, quant à elle, comprend l’origine comme étant le résultat d’un processus qui amène au commencement. Selon cette dernière définition, le « Big Bang » ne serait alors qu’un résultat et non une génèse. Elle correspond à la Théorie des Cordes.

 

Ainsi, suivant cette théorie, la vision anthropomorphique ne serait applicable à l’histoire de l’univers, dans le sens où on ne pourrait parler d’un début, d’un milieu et d’une fin.

 

J’ai dit

 

 

 

 

EGALITÉ, SOMMES NOUS TOUS LARGUÉS ?

par J.S.

 

(Intervention France Inter, « l’invention de l’idée d’égalité en France et aux États Unis »)

……….Extrait France Inter……….

 

« La Révolution commence à Grenoble en 1788, le 7 juin le peuple ce jour-là - c’est un jour de marché - prend le parti des magistrats du Parlement que la troupe, sur ordre de Versailles, voulait envoyer en exil. Les gagne-deniers du marché s’agitent dans tous les sens, les femmes sonnent les cloches à la volée, les hommes montent sur les toits, arrachent les tuiles qu’ils jettent sur les soldats. C’est la Journée des Tuiles. Qui aurait pensé qu’en très peu d’années les privilèges seraient supprimés et que, scandale inouï, l’égalité s’imposerait jusque dans les cadres de civilités et l’accès au droit de vote. Partie de Grenoble la Révolution française allait rejoindre la révolution américaine. »

 

France Inter
L'invention de l’idée d’égalité en Franc[...]
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Il faut partout une place publique, un banc public, un réverbère, pour respirer l’égalité les uns les autres, comme l’expliquait l’abbé SIEYES.

 

Emmanuel-Joseph Sieyès naît à Fréjus, en Provence, le 3 mai 1748, dans une famille modeste

Il fait ses études d'abord chez les Jésuites de sa ville natale puis à Draguignan dans un établissement de la Congrégation de la doctrine chrétienne. Tenté par une carrière militaire, il s'oriente cependant vers la prêtrise, sur le conseil de ses parents, très pieux et qui bénéficient de quelques relations dans le milieu religieux. Le petit séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, l'accueille en 1765 puis celui de Saint-Firmin en 1770. Siéyès est ordonné prêtre en 1772. Deux ans plus tard, il obtient une licence de théologie et arrête là ses études.

Durant les six derniers mois de l'année 1788, il écrit trois brochures dont la dernière, publiée d'abord anonymement au début de l'année 1789, va faire date. Qu'est-ce que le Tiers-Etat ? est un immense succès. Les rééditions s'enchaînent, 30 000 exemplaires sont vendus, un million de personnes les lisent. Le fond du texte, extrêmement radical, dénie aux ordres privilégiés leur place dans la Nation, met la noblesse hors la loi et appelle les représentants du Tiers-Etat à se constituer en Assemblée Nationale ; sa forme est brillante, ponctuée de formules chocs et provocatrices qui font mouche et restent en mémoire.

« Il y a donc un homme en France » écrit Mirabeau à Siéyès le 13 février. Le désormais célèbre chanoine entre rapidement en rapport avec les hommes qui vont animer les premières années de la Révolution : Mirabeau, Talleyrand, Lafayette, Duport, les frères Lameth, Condorcet... Il fréquente également les salons et s'affilie à divers clubs, parmi lesquels la Société des Amis de la Constitution, dite Club Breton, qui deviendra le Club des Jacobins, dont il est l'un des premiers membres. Ses relations avec le duc d'Orléans sont moins avérées. Siéyès lui-même se défendra vigoureusement, sans jamais pouvoir s'en laver complétement, de l'accusation d'avoir été l'instrument de ce prince.

Probablement franc-maçon, Siéyès aurait fréquenté diverses loges : "Les Amis devenus Frères" à l'Orient de Fréjus avant la Révolution, puis à Paris la Loge "des Neuf soeurs" (dite loge des Philosophes) et la Loge de la rue du Coq-Héron.

 

 

L’égalité c’est partager un monde commun

L’égalité c’est s’assembler

L’égalité c’est défiler et marcher ensemble

L’égalité c’est être côte à côte

 

D’ailleurs, il faut se souvenir que lorsque nous fêtons l’anniversaire du 14 juillet, ce n’est pas la prise de la Bastille que nous fêtons, mais la fête de la fédération, parce que la fête de la fédération, c’est justement le côte à côte, et le rassemblement dans un même espace des personnes de lieux et d’origines différents, mais commun.

 

Éléments Fondateurs de l’égalité :

 

La nuit du 4 aout 1789 

Les châteaux brulent, les campagnes se sont soulevées, c’est la grande peur cruelle et mortelle pour les privilégiés.

Et à Paris, en pleine nuit, à l’assemblée, on proclame l’égalité, tout d’abord de l’impôt, et des libertés.

Ils clament à la face du monde que le régime féodal doit être aboli.

 

Il ne s’agit pas cette nuit-là de n’abolir que les impôts et taxes, mais de rendre au sort commun, les privilégiés, dont Le duc de Noailles, et le duc d’Aiguillon présents l’acceptent, alors qu’ils formaient une sorte de race à part, une humanité différente.

 

Sources de l’égalité :

La bible, Rousseau, l’encyclopédie, l’histoire naturel de Buffon

 

Il y a beaucoup d’origine, mais il est certain que l’idée chrétienne a compté,

La bible nous raconte que l’égalité existe entre les hommes devant dieu.

C’est une vision puissante, mais qui ne conduit pas à l’égalité des hommes sur terre.

Puisqu’elle instaure une idée de dignité, une égalité dans l’au-delà, c’est une égalité de mérite et de vertu.

 

Il y a dichotomie entre égalité morale, égalité spirituelle et égalité sociale.

 

L’article « égalité » de L’encyclopédie y a beaucoup participé aussi, on a pu distinguer l’idée de similitude, et l’idée d’égalité, ainsi que l’histoire naturel de Buffon qui a aidé à penser l’idée du monde des semblables et d’une espèce humaine commune.

 

Pour Buffon, ce qui distingue l’homme est moins important que ce qui le rassemble dans une même espèce.

Les distinctions entre individus sont secondaires et accessoires.

 

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon 1707-1788 est un naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste, philosophe et écrivain français.

À la fois académicien des sciences et académicien français, il participe à l'esprit des Lumières et collabore à l'Encyclopédie, notamment en se chargeant des sciences de la nature. Ses théories ont influencé deux générations de naturalistes, en particulier Jean-Baptiste de Lamarck et Charles Darwin. Salué par ses contemporains pour son maître ouvrage Histoire naturelle, Buffon a été qualifié de « Pline de Montbard »2.

Son nom est lié à la localité de Buffon, en Côte-d'Or, dont la seigneurie fut acquise par la famille Leclerc.

La famille est bien implantée en terre bourguignonne et propriétaire de domaines qui lui ont apporté la noblesse. Le père, Benjamin Leclerc, seigneur de Buffon et de La Mairie, a fait des affaires comme président du grenier à sel de Montbard, lieu de conservation du précieux produit, mais aussi de paiement du fameux et détesté impôt qui va avec : la gabelle.

Puis, il est devenu conseiller au parlement de Bourgogne et la famille s’est installée à Dijon. Le jeune Georges-Louis y entre au collège des Jésuites, puis part à la faculté d’Angers étudier les mathématiques, la médecine et la botanique, alors balbutiante.

Après avoir tué en duel un officier, il doit quitter la faculté et regagner Dijon.

Sollicité par le ministre de la Marine

Il parcourt ensuite l’Europe, d’une faculté à l’autre, mais le décès de sa mère le ramène à Dijon, où le remariage de son père avec une jeunette le met hors de lui. Menaçant celui-ci d’un procès, il obtient la libre jouissance de la fortune familiale, monte à Paris, s’intègre au monde scientifique et intellectuel, publie des ouvrages de mathématiques novateurs et remarqués et entre finalement à l’Académie des sciences.

Le ministre de la Marine cherchant une étude sur les bois utilisables pour la construction de navires, Buffon, resté exploitant forestier à Montbard, rédige un rapport d’importance qui accentue sa notoriété et lui ouvre le poste d’intendant du Jardin du roi. Sous sa direction, ce dernier va devenir le fameux Jardin des Plantes, un centre de recherche et un musée où il fait planter des arbres qu’on lui fait parvenir du monde entier. Il donne par là ses lettres de noblesse à l’histoire naturelle et multiplie les écrits sur le sujet, dont sa fameuse et copieuse « Histoire naturelle » : pas moins de 36 volumes !

Sa renommée internationale attire les dons et enrichit les collections qui formeront la base du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.

Si son entregent lui vaut de solides protections, comme celle de la toute-puissante marquise de Pompadour, ses relations avec le monde scientifique européen sont plus contrastées. Il entre en 1753 à l’Académie française et rejoint la franc-maçonnerie naissante, mais aime retrouver Montbard où il se retire chaque année durant huit mois, amasse ses documents, fait réaliser d’importants travaux, et installer un paratonnerre dès 1752. Il décède juste avant que n’éclate la Révolution française.

 

C’est dans ces ouvrages, la bible, Rousseau, l’encyclopédie, et l’histoire naturel de Buffon que ce forge le vocabulaire de la déclaration des droits de l’homme.

 

L’égalité est traitée comme appartenance à un même humanité, elle est définie comme être des semblables.

Et c’est aussi vivre libre, à la manière de Rousseau, c’est-à-dire, dans une société d’individus, en étant indépendant et sans être marqué par une position de domination.

Et appartenir à une même communauté politique.

L’égalité c’est à la fois, éradiquer la distinction, éradiquer la domination, et organiser la participation.

Conclusion éphémère :

Comme vous vous en doutez, il y a de nombreux écrits sur notre devise.

Il n’y a qu’à ouvrir notre anthologie, pour en avoir un rapide aperçu, ainsi que la planche de notre F :. Olivier sur la Fraternité

 

Montesquieu disait : « Dans l’état de nature, les hommes naissent bien dans l’égalité ; mais ils n’y sauraient rester. La société la leur fait perdre, et ils ne redeviennent égaux que par les lois. »

MONTESQUIEU (1689-1755), L’Esprit des Lois (1748)

 

On est un peu avant la révolution, mais l’Ancien Régime étant fondé sur les privilèges (fiscaux et autres), donc sur un principe fondamental d’inégalité, il fallait une réforme littéralement révolutionnaire pour amener l’égalité. Des ministres éclairés en proposeront des amorces, sans pouvoir les imposer aux privilégiés qui conduiront inéluctablement « leur » régime à sa perte.

 

Saint Just disait : « Quand tous les hommes seront libres, ils seront égaux ; quand ils seront égaux, ils seront justes. » 

 

Saint Just était un Très jeune théoricien de la Révolution, il décrit un cercle idéalement vertueux, conforme à l’idéologie de Robespierre. Liberté, égalité, justice… Les faits démentent ce genre d’optimisme.

Et enfin, Robespierre, qui disait : « La royauté est anéantie, la noblesse et le clergé ont disparu, le règne de l’égalité commence. »

Robespierre (et les Montagnards) est partisan de mesures sociales qu’on peut qualifier de socialistes, voire communistes.

Mon choix a résolument était restreint, en essayant de mettre en exergue la place de l’égalité comme choix de société au sortir de la révolution.

 

J’y reviendrai dans la troisième partie, mais pour la seconde, je vous parlerai de l’égalité dans le symbolisme et l’ésotérisme maçonnique :

 

égalité en loge ( et non pas en Franc Maçonnerie)

c’est un peu abscons, mais j’essayerai de m’en expliquer en troisième partie.

L'étude de la symbolique nous amène à comprendre la signification de l'équerre, du compas, du delta rayonnant, ou encore des gants blancs. Par exemple, l'équerre est le symbole même de la rectitude, de la justice et du droit. Déposer ses métaux à la porte du Temple, ainsi que le niveau et les gants blancs, représentent l'égalité entre tous au sein de la loge. Ainsi, nous agissons toujours en considération du maître mot "égalité".

Un autre exemple avec le compas, qui symbolise l'amour fraternel, ou encore avec la pierre brute. En effet, l'apprenti maçon représente la pierre brute, qu'il devra "dégrossir pour arriver au soi", à la pierre polie.

Les gants blancs sont le symbole de pureté et d’égalité. Une main gantée, signifie l’égalité entre tous.

Le niveau :

Définition du Larousse: du latin "libella" ou "libellus" – balance.

hauteur de quelque chose par rapport à un plan horizontal de référence (le niveau d'un fleuve); instrument qui permet de vérifier l'horizontalité d'une surface;

valeur de quelque chose, de quelqu'un (niveau d'instruction);

échelon d'organisation dans un hiérarchie;

appareil optique de visée permettant de définir des directions horizontales; instrument servant à mesurer les différences d'altitude entre les divers points d'un terrain.

 

Le niveau  symbolise l'horizontale qui montre l'égalité sociale des hommes, l'altruisme, la moralité et la justice. Toute chose doit être considérée avec une égale sérénité.

« Le Seigneur était debout sur un mur bien aligné au cordeau et il avait dans sa main un fil à plomb.

L'Éternel me dit : que vois-tu Amos ?

Je dis "un fil à plomb"

Le Seigneur reprit : "Voici que je vais mettre un fil à plomb au milieu de mon peuple d'Israël désormais je ne lui pardonnerai plus sa faute" »

Amos, chapitre VII, versets 7 et 8.

« Et je prendrai le droit comme mesure et la justice comme niveau. Mais la grêle balaiera le refuge de  mensonge et les eaux inonderont la cachette; »

Isaïe 28 ; 17

 

La construction n'est pas binaire, mais volume avec ses forces contraires qui la fragilise.

Rien n'est possible sans une vision globale qui permettra de trouver le juste équilibre.

Méditer, observer et connaître sans être sceptique ni destructeur; l'apprentissage maçonnique n'est pas une soumission mais la connaissance de soi qui permettra d'arriver à la connaissance des autres à travers soi.

 

Il est bon de préciser que le Niveau, comme le fil à plomb et l'Équerre, ne sont pas des outils en tant que tel, mais des "bijoux", c'est à dire avec un identifiant fixe, mais relatif à la fois , avec des signifiants philosophiques et des devoirs de fonction.

 

Pour être un peu plus ésotérique, j’aimerai vous esquisser ce que l’on pourrait traiter d’égalitaire dans notre rituel, la prise de la parole.

 

La loge est l’un des rares « lieux sociaux » où la prise de parole en public soit codifiée de manière aussi rigoureuse et dotée d’une charge symbolique aussi forte.

L’une des particularités du rite réside dans le fait que toute action des membres de la communauté, tout positionnement des objets dans le temple, est porteur d’information et de sens. Chaque chose est à sa place, chaque discours vient en son temps, et une telle distribution garantit la cohérence de l’harmonie égale.

 

Elle suit un schéma triangulaire, et cela à plusieurs niveaux. La première forme de triangulation est relative au discours : en loge, on ne prend pas la parole, on la demande. Et lorsqu’on la demande, on ne s’adresse pas directement au Vénérable Maître dirigeant la loge, qui peut seul l’accorder, mais à l’un des deux intermédiaires que l’on nomme Premier Surveillant et Second Surveillant. Enfin, le Vénérable Maître lui-même accorde la parole en passant également par l’un des deux intercesseurs, lequel relaie l’information au requérant. Ce dernier s’exprime alors, et nul ne peut l’interrompre ni même s’adresser à lui, à moins que la teneur de ses propos ne nécessite une censure brutale de la part du Vénérable Maître

 

On pourrait ne voir dans ce procédé qu’un artifice pompeux, participant simplement de la théâtralité du cérémonial.

Cependant, les raisons de cette triangulation de la parole sont plus profondes qu’il n’y paraît et dépassent largement le cadre de la dramaturgie. Procédé de médiation, elle a pour objectif d’évacuer toute communication interpersonnelle, et de tisser un lien collectif en dépassant les échanges d’individu à individu, nous appelons cela l’« Égrégore ».

 

Le terme communication (de communicare), signifie étymologiquement « mettre en commun » et implique les notions de partage, alors notre rituel atteint probablement l’objectif de toute communication, dans ses formes les plus paroxystiques.

 

Il est à noter, cependant, qu’à l’inverse de la plupart des forment de communication,  notamment des rites, ou communications politiques, où se jouent des rapports de domination et de sujétion, qui définit les fonctions, exprime les allégeances, confirme les rangs et les statuts, le rite maçonnique, créateur de lien social, ne fait guère reposer les rôles assignés aux adeptes sur la situation professionnelle et financière que chacun occupe sur l’échelle sociale, dans le monde profane.

 

C’est ainsi qu’un ouvrier d’usine accèdera progressivement au grade de Maître, tandis que le PDG d’une grande entreprise ouvrira sa voie maçonnique au grade d’Apprenti, comme tout un chacun, avec les corvées qui accompagnent cette première étape, installation du Temple, préparation des Agapes et service durant le repas, etc., qui se veut un apprentissage de la patience et de l’humilité, une familiarisation, aussi, avec une dimension symbolique souvent inconnue du néophyte.

 

D’autre part, les fonctions de chacun ne sont pas figées, puisque nous changeons de poste, ou de rôle au fil des ans.

Or, ce principe d’égalité et de circularité est, encore une fois, inscrite dans le temps, et dans la communication.

Dans notre rite, par exemple, le Vénérable Maître, après avoir occupé des fonctions centrales à l’Orient durant quelques années, (on me dit deux…) se voit-il relégué à l’Occident, près du Parvis.

Outre que ce positionnement diamétralement opposé lui confère un angle de vision, et par conséquent un angle de compréhension différent sur le Temple, il traduit le passage d’une position supérieure à une position inférieure. En devenant Couvreur, il quitte la place dominante et ordonnatrice pour une place d’exécution, en contre-bas. Il en va de même pour les autres officiers de la loge.

 

Nous nous rendons compte que le principe de nos réunions est l’égalité, dans la communication, dans nos fonctions, dans nos circumambulations.

 

On ne s’étonnera donc guère que le niveau figure parmi les outils et symboles privilégiés de l’institution, ni même que le principe d’égalité présidant aux travaux maçonniques ait pu contribuer à la diffusion des idées émancipatrices jadis émises par les philosophes des Lumières.

 

Il semble avéré qu’en favorisant le brassage social (puis la mixité, à partir du xixe siècle, dans quelques obédiences), les loges précipitèrent la chute d’un régime inégalitaire.

 

« La Franc-Maçonnerie vint ainsi offrir un excellent terrain de culture au ferment des idées révolutionnaires »

Oswald Wirth

 

Les idées progressistes qu’elle véhiculait étaient d’ailleurs jugées subversives et dangereuses, tant par le pouvoir politique que par le pouvoir ecclésiastique.

 

On peut le comprendre à la lecture de certains textes du dix-huitième siècle.

« Ramener les hommes à leur égalité primitive par le retranchement des distinctions que la naissance, le rang, les emplois ont apporté parmi nous. Tout maçon en loge est gentilhomme »

 

Le sceau rompu, 1745 (rituels et divulgations maçonniques)

 

Tout semble concourir à faire de l’espace maçonnique un espace sociopète, ou proxémique, un lieu de partage, de cohésion, d’égalité et d’intégration.

La proxémie ou proxémique est une approche du rapport à l'espace matériel introduite par l'anthropologue américain Edward T. Hall à partir de 1963. Ce néologisme désigne d'après lui « l'ensemble des observations et théories que l'Homme fait de l'espace en tant que produit culturel spécifique »Hall 1.

L'un des concepts majeurs en est la distance physique qui s'établit entre des personnes prises dans une interaction. Hall a remarqué que ces distances varient selon les cultures considérées1. Ainsi, dans les pays latins, les distances entre les corps sont relativement courtes. En Afrique, elles sont souvent si réduites que le contact physique est fréquent. À l'inverse, dans les pays nordiques ou au Japon, les contacts physiques sont plus rares et ces distances plus importantes. Elles varient également selon les lieux où l'interaction se déroule, ce qui signifie qu'elles doivent être prises en compte par les architectes et designers. Elles sont par exemple différentes dans des lieux publics comme les ascenseurs ou les transports en commun1.

 

Nous nous interrogeons sur l’identité et le devenir de l’homme à travers les trois temporalités :

D’où venons-nous ?, Qui sommes-nous ?, Où allons-nous ?

Je résumerais ainsi notre appartenance, qui se nourrit au présent de la sagesse des anciens pour tenter de construire une société idéale.

 

Alors, que penseriez-vous de la « triple batterie » et de « l’acclamation » si, dès que le V :.M :. En fait l’annonce nous frapperions trois fois dans nos mains, et si on criait  « Liberté », « Égalité », « Fraternité ».

 

Troisième partie :

 

Égalité, nous sommes tous largués

Égalité, on se fout de nous

 

 

Égalité

Sens 1              Équivalence, conformité

Synonymes : similitude, ressemblance, conformité

Sens 2              Principe selon lequel tous les hommes ont les mêmes droits

Synonymes : équité, parité

Sens 3              Caractère de ce qui est plan, uni

Sens 4              Modération, régularité

Synonymes : régularité, uniformité, constance

 

Égalitarisme

doctrine politique prônant l'égalité des citoyens en matière politique, économique et/ou sociale, selon les contextes.

Dans un sens plus général, l'égalitarisme désigne une école de pensée qui donne la priorité à l'égalité de tous.

L'égalité en droit est le fait de considérer que chaque être humain est égal, qu'importe sa religion, son sexe, son orientation sexuelle, etc.

L'égalitarisme est le fait de reconnaître les différences qui existent chez l'autre sans le discriminer pour ses différences.

Ainsi, chaque être humain doit avoir les mêmes droits et devoirs au sein de la société.

Pour ses détracteurs, l'égalitarisme est philosophiquement le refus de l'altérité, donc la recherche de l'Un, soit de l'Unité, niant la complexité et les contradictions inhérentes à la vie.

Pour eux, l'égalitarisme est une atteinte à la liberté, en empêchant l'humain de s'élever et le réduisant en l'avalant dans une masse, en allant à l'encontre de ses aspirations naturelles d'excellence, de ce qui s'apparenterait à de l'individualisme.

Ils voient dans l'égalitarisme, une source de nivellement par le plus petit facteur commun, qu'ils qualifient de médiocratie. Les régimes élitistes combattaient l'égalitarisme.

 

 

 

Je commencerai pour parler d’inégalité ou de non égalité par ce qui nous touche, ………un peu : Les femmes ? des sous égales ?

 

Avec Maria Deraismes comme Symbole de l’égalité initiatique.

Marie Adélaïde Deraismes, dite Maria Deraismes est une féministe, oratrice et femme de lettres française née le 17 août 1828 à Paris et morte le 6 février 1894 dans le 17e arrondissement de Paris. Elle est la première femme initiée à la franc-maçonnerie en France, à la fin du xixe siècle et elle est à l'origine de la création de l'ordre maçonnique mixte international « le Droit humain ».

 

Les Constitutions de 1723 de James Anderson (pasteur), adoptées par la Grande Loge Unie d’Angleterre étaient sans ambiguïté :

« Toutes les personnes pour être admises membres d’une loge doivent être des hommes bons et fidèles, nés libres et arrivés à l’âge de discrétion et de jugement sain ; ni serfs, ni femmes, ni hommes immoraux ou scandaleux mais de bonne réputation ». Il faudra toute la ténacité d’une Maria Deraismes, qui prône l’émancipation des femmes, pour être à l’origine, en France, de la première obédience mixte à initier des femmes : le Droit Humain.

 

Comme bien des femmes elle s’est émancipée, elle s’est battue.

Elle a touché à la littérature, à la peinture, elle a été journaliste et conférencière.

Mais elle a fait plus : en étant la première femme initiée, elle a violé l’interdit posé aux origines de la maçonnerie par le pasteur Anderson en ouvrant, à jamais, la franc-maçonnerie aux femmes.

 

Elle contribue avec le franc-maçon Léon Richer, du Grand Orient de France, au premier Congrès International du Droit des Femmes.

 

Depuis le XVIIIe siècle, le journalisme n’est plus réservé aux hommes. Comme George Sand, comme Delphine de Girardin, Maria collabore de façon régulière à différents journaux.

 

Dès 1866, elle est sollicitée par le Grand Orient de France, pour participer à des conférences.

A tour de rôle, elle aborde la morale, l’histoire, la littérature, le droit de l’enfant, le rôle du clergé dans la société, la femme, etc… Certaines de ses idées sont reprises dans des propositions de loi, comme l’électorat des femmes dans les tribunaux de commerces ou les droits civils des femmes.

 

Marie Gouze, dite Olympe de Gouges, née à Montauban le 7 mai 1748 et morte guillotinée à Paris le 3 novembre 1793, est une femme de lettres française, devenue femme politique. Elle est considérée comme une des pionnières du féminisme français.

 

« La femme à le droit de monter à l'échafaud ; elle doit avoir le droit de monter à la tribune. »

 

Elle met de la verve à rappeler le sort des femmes dans les différentes religions, dont le christianisme :

 

« Le christianisme fait peser sur la femme la plus grande part de la responsabilité dans la faute originelle […] En m’avançant dans les vieux récits, je découvre une faute, une transgression à la loi éternelle dont la femme se serait rendue coupable … Eve, chez les Hébreux, et Pandore, chez les Grecs, perdent l’humanité par leur curiosité fatale. »

 

Le 14 janvier 1882, s’ouvre pour Maria Deraismes une période nouvelle. Les frères de la loge “Les Libres Penseurs du Pecq” décident dans l’enthousiasme de l’initier, sachant qu’ils transgressent un interdit de taille.

Mais la portée de cette initiation est autant politique que symbolique. Alphonse Houbron, alors Vénérable Maitre, accepte : « Mon premier soin sera de faire consacrer le mot autonomie par l’immixtion de l’élément féminin au sein de la Loge afin de combattre effectivement le cléricalisme» car « détruire chez la femme les préjugés en les combattant par la morale et la lumière maçonniques, c’est préparer pacifiquement la véritable émancipation sociale».

La cérémonie donne lieu à une grande fête, sous les auspices moraux de Victor Hugo et de Louis Blanc, au cours de laquelle Alphonse Houbron fait tirer huit santés. Le scandale est énorme et ébranle la maçonnerie masculine. Alphonse Houbron est désavoué et la Loge est fermée.

 

Tout ceci fait écho, et même à l’étranger, des femmes la célèbre….

 

Georges Martin, un médecin féministe, conseiller général de gauche, (c’est étonnant !), initié dans la loge Union et Bienfaisance au R E A A, constate que les obédiences ne pourront s’ouvrir aux femmes ;

 

il faut donc couper avec la maçonnerie masculine.

 

Avec Maria Deraismes, il fonde en 1893, (il n’y a que 124 ans !!!) une obédience nouvelle : La Grande Loge Symbolique Ecossaise de France, Le Droit Humain, appelée à devenir l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain.

 

Et je vous parle d’une femme blanche, instruite….

On va juste essayer de s’imaginer une femme racisée, et non instruite…..

En fait, instruite n’est que superflu, juste racisée, et femme…

 

On nous dit que l’égalité recouvre aussi une dimension éthique, elle est une valeur relationnelle et sociale.

Concernant le rapport à l’autre, elle commande à la solidarité et à la fraternité. 


Considérer l’autre comme son égal…..

 
Cette réflexion a pris corps avec Socrate qui généralisa le problème éthique en affirmant que :

« ce qui est bon pour l’un doit également l’être pour l’autre placé dans les mêmes circonstances. »

 
On ne peut dissocier cette façon d’envisager le lien social d’une perception unitaire du genre humain. 

Rappelons-nous, en effet, le monde qui succéda au Siècle des Lumières. Les débuts de l’ère industrielle.

En haut de la pyramide sociale règne l’homme blanc, adulte, riche.

Illustrant le schéma darwinien, il ignore l’enfant et la femme, écrase le prolétaire et le colonisé.

Nous sortons à peine de ce monde.

 

Euh, pas vraiment en fait…..

 

Nous acceptons encore le schéma binaire qui ordonne l’espèce en deux camps antagonistes:

les forts et les faibles, les supérieurs et les inférieurs.

 

La plupart des gens lorsqu’ils parlent de leur différence se trompent un peu parce qu’ils parlent en réalité de leurs appartenances.

Nos appartenances?

Je suis né à Maubeuge,  je vis à paris, et je suis architecte, je suis allé à Florence et à Colombo.

J’appartiens donc à diverses catégories: celle des immigrés de Paris, des professions libérales, des touristes qui ont parcouru l’Italie et le Sri Lanka.

 

Je rencontre une commerçante Soudanaise qui travaille en Hollande….

nous sommes différents par culture et par nature.

En cas d’accident… et de transfusion, si nous appartenons au même groupe sanguin, elle me sauve la vie.

Nous voilà frères de sang, ou sœur de sang

En dépit de cette digression hématologique, tout peut nous séparer.

Mais voilà l’inattendu.

Nous aimons tous les deux Florence… ou le colombo de poulet.

Surgit une complicité, une connivence.

Michel Serres appelle cela une intersection.

Peu importe le domaine de l’art, qu’il soit architectural ou culinaire.

Du pluralisme de nos appartenances surgit un goût commun, égalitaire. Un plaisir gémellaire.

 

 «Avoir les mêmes droits à la félicité, affirmait jadis Voltaire, c’est pour nous la parfaite et seule égalité».

 

Et pour en finir, j’aimerai vous faire partager une dernière devise :

 

« Liberté, égalité, sororité »

 

Pour la politiste experte de l’égalité femmes/hommes Réjane Sénac, il y a là un « péché originel » de la République française, et par extension de toutes celles qui la prendront pour modèle, que ne résout pas l’appel lancée aux femmes à se projeter dans un universel qui se conçoit et s’écrit au masculin. En effet, les femmes, écartées de la citoyenneté à ses origines, vont devoir conquérir des droits fondamentaux qui ont été accordés sans conditions aux hommes entre eux. L’histoire des droits des femmes, qui sont d’abord – faut-il le rappeler – des droits humains par lesquels les femmes (appartenant à l’humanité jusqu’à preuve du contraire) devraient être légitimement couvertes, est une histoire de combats… Et de débats. Longtemps, rappelle Réjane Sénac, on argumente de la « moins-value » essentielle (c’est-à-dire procédant de leur « nature ») des femmes pour restreindre leur participation à la citoyenneté, à la société et à l’économie : elles sont des moins-que-frères. Puis la vapeur se renverse et c’est une « plus-value » que l’on attend d’elles : on leur fait une place en tant que mieux-que-frères, notamment réputées plus équipées de « soft skills », « complémentaires » des compétences traditionnelles et indispensables à la performance d’aujourd’hui et demain.

 

Le terme « sororité » est un nom commun féminin provenant du terme latin soror, qui signifie sœur ou cousine. En latin médiéval, il a désigné une communauté religieuse de femmes, mais il n'a été utilisé dans ce sens que jusqu'au xvie siècle.

 

utilisé par les féministes dans les années 1970 afin de faire entrer dans le langage commun l'équivalent féminin de "fraternité".

Le terme anglais sisterhood avait déjà été fabriqué par les mouvements féministes américains en réaction au terme brotherhood (fraternité). Ce terme exprime alors l'expression de la solidarité entre femmes. La sororité désigne les liens entre les femmes qui se sentent des affinités, ont un vécu partagé du à leur même condition féminine et au statut social qui y est alors lié.

 

Les mouvement féministes ont également promu la diffusion de l'utilisation du terme d'« adelphité » qui désigne ce même sentiment de confiance, de complicité et de solidarité dans une relation entre homme(s) et femme(s). Dans le cas de frères et sœurs ou d'amis par exemple.

 

Vous conviendrez que c’est une mise à l’écart des hommes, non ?

 

Alors, est ce que « liberté, égalité, fraternité » est une devise d’égalité ?

 

J’ai dit V :.M :.

 

 

La Fraternité


 

Principe politique et anthropologique, la Fraternité peut être le moyen de penser l’articulation entre individu et communauté.

 

On tient d'ordinaire pour acquis que les révolutionnaires de 1789 prirent à leur compte la devise républicaine « LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE » ; et que cette devise était depuis longtemps celle des Loges Maçonniques ; que tout au long du siècle des Lumières, elle avait été, à la fois, maçonnique et révolutionnaire.


« L'origine maçonnique de la devise », écrivait Albert LANTOINE, un des premiers historiens de la Grande Loge de France, est « une légende devenue tellement vivace qu'elle est acceptée par d'excellentes gens qui ne font profession, ni de maçonnisme, ni d'antimaçonnisme ».

 

Mais si l’idée de la devise Liberté, Égalité, Fraternité se trouvait plutôt dans l’épître où VOLTAIRE, en 1755, célèbre le lac de Genève et les vertus helvétiques :

 

La Liberté ! J’ai vu cette déesse altière

Avec égalité répandant tous ses biens,

Descendre de Morat en habit de guerrière,

Les mains teintes du sang des fiers Autrichiens

Et de Charles le Téméraire…

Les états sont égaux et les hommes sont frères.

 

La liberté et l'égalité sont posées comme principe dans l'article 1er de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 :

 

« Article Premier. - Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits »,

 

 

Puis dans l'article 2e de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793 :

 

« Article 2. - Ces droits sont l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. ».

 

Mais point de Fraternité dans les textes fondamentaux de 1789.

 

En effet, il faut attendre 1848 pour que la devise nationale soit définie.

 

Au terme de la 3ème Révolution, le Gouvernement Provisoire compte au moins quatre francs-maçons en son sein : Louis BLANC, Adolphe CREMIEUX, Ferdinand FLOCON, Louis-Antoine GARNIER-PAGES.

 

Rien d'étonnant donc à ce qu'ils aient reçu officiellement, à l'Hôtel de Ville de Paris, une députation conduite par le Vénérable Frère .. BERTRAND.

 

C'est lui qui, dans sa harangue, semble bien avoir le premier revendiqué l'honneur d'une création dont l'Ordre avait tout lieu d'être fier : « Les Francs-Maçons ont porté de tout temps sur leurs bannières ces mots de liberté, égalité, fraternité. En les retrouvant sur le drapeau de la France, ils saluent le triomphe de leurs principes, et ils s'applaudissent de pouvoir dire que la patrie tout entière a reçu par vous la consécration maçonnique. »


Et Adolphe CREMIEUX répondit : « Dans tous les temps, dans toutes les circonstances, sous l'oppression de la pensée comme sous la tyrannie du pouvoir, la Maçonnerie a répété sans cesse ces mots sublimes : Liberté, Egalité, Fraternité ! »

 

Un autre chef de délégation, Jules BARBIER, renchérit : « Nous saluons des acclamations les plus vives le Gouvernement républicain qui a inscrit sur la bannière de la France cette triple devise qui fut toujours celle de la Franc-Maçonnerie : « Liberté, Egalité, Fraternité. »

 

.. LAMARTINE donne un point de vue plus juste : « Ces sentiments de fraternité, de liberté, d'égalité qui sont l'évangile de la raison humaine, ont été laborieusement, quelquefois courageusement scrutés, propagés, professés par vous dans les enceintes où vous renfermiez jusqu'ici votre philosophie sublime. »

 

Ainsi, dans sa première proclamation, lancée le 24 février 1848, le Gouvernement Provisoire issu de la troisième Révolution Française affiche cette phrase : « La liberté, l'égalité et la fraternité pour principe, le peuple pour devise et mot d'ordre, voilà le gouvernement démocratique que la France se doit à elle-même et que nos efforts sauront lui assurer. »

 

Lorsqu’est rédigée la Constitution de 1848, la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » est définie comme un « principe » de la République : l'article IV précise en effet que la République « a pour principe la Liberté, l'Égalité et la Fraternité. Elle a pour base la Famille, le Travail, la Propriété et l'Ordre public ».

 

Parallèlement, le Grand Orient de France en fait sa devise officielle dans la rédaction de sa Constitution en 1849 et l'introduit même dans son rituel en 1887.

 

De nos jours, la Fraternité est inscrite dans l’article 1er de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 qui précise :

 

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits, iIs sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

 

Pour finir cette rapide présentation de la devise nationale, il convient de préciser que la France la partage depuis 1987 avec Haïti qui la fait sienne.

 

Après cette rapide présentation de la devise nationale, je voudrai me concentrer à la genèse révolutionnaire, puis au développement constitutionnel et enfin à l’implication maçonnique de la Fraternité.

 

 


 

  • La genèse révolutionnaire de la Fraternité


 

Dans son discours sur la Garde Nationale du 18 décembre 1790 présenté à la Société des Amis de la Constitution de Versailles, Maximilien de ROBESPIERRE écrit : « Les Gardes Nationales porteront sur leur poitrine ces mots gravés : LE PEUPLE FRANÇAIS, et, en dessous : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ. Les mêmes mots seront inscrits sur leurs drapeaux, qui porteront les trois couleurs de la nation ».

 

Si Maximilien de ROBESPIERRE expose le premier l'idée d'une devise, on trouve déjà l'association des trois termes, dans cet ordre, quelques mois plus tôt, sous la plume de Camille DESMOULINS qui écrit dans son journal Les révolutions de France et de Brabant à propos de la fête de la fédération du 14 Juillet 1790 : « Après le serment surtout, ce fut un spectacle touchant de voir les soldats citoyens se précipiter dans les bras l'un de l'autre en se promettant liberté, égalité, fraternité ».

 

La fête de la Fédération, présidée par Charles-Maurice de TALLEYRAND-PERIGORD qui se déroule un an après la prise de la Bastille regroupe, au Champ de Mars, toutes les milices patriotes qui se sont formées partout en France au cours de l'été 1789 et qui se sont fédérées sous le nom de Gardes Nationales. Ces gardes nationales sont composées d'éléments populaires et des gardes bourgeoises.

 

A l'occasion de la fête de la Fédération, le Roi et le Marquis de la Fayette – commandant la Garde Nationale – prêtent serment à la nation et à la loi.

 

Dans son serment, La Fayette s'engage au nom des gardes nationales fédérées à « demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité » :

 

« Nous jurons de rester à jamais fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi, de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée Nationale et acceptée par le Roi et de protéger conformément aux lois la sûreté des personnes et des propriétés, la circulation des grains et des subsistances dans l'intérieur du royaume, la prescription des contributions publiques sous quelque forme qu'elle existe, et de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité ».

 

Le Serment de La Fayette relie donc la Fraternité et la Garde Nationale. De même, chez Desmoulins ou Robespierre, les trois termes – liberté, égalité et fraternité – renvoient aux gardes nationales.

 

Camille Desmoulins, à propos de ce discours, écrit dans Les Révolutions de France et de Brabant, du 21 février 1791, que Robespierre « est le commentaire vivant de la déclaration des droits et le bon sens en personne », un jugement qui ne correspond pas exactement à l'image convenue que l'on a de lui à notre époque.

 

Que dit Robespierre pour être l'objet d'un tel éloge ?

 

Dans ce discours, comme dans la plupart de ceux de cette période (1789-1791), Robespierre attaque la politique de la majorité de l'Assemblée Constituante, en particulier son projet constitutionnel qui vise à séparer les citoyens entre actifs et passifs : les actifs seuls, c'est-à-dire ceux qui paient suffisamment d'impôts auraient le droit de voter et d'être membres de la Garde Nationale.

 

A propos de la guerre extérieure, Robespierre souligne qu'en déclarant les droits de l'homme et du citoyen le 26 août 1789, la France révolutionnaire a rejeté la guerre de conquête, ce qu'elle a formalisé dans la déclaration de paix au monde du 22 mai 1790.

 

Elle est donc obligée de réorganiser sa défense en fonction de ces principes.

 

Maximilien de ROBESPIERRE n’est pas le seul à développer cette théorie.

 

Le 29 mai 1791, le marquis de Girardin, ami de Jean-Jacques Rousseau, prononça, au club des Cordeliers, un discours sur l’institution de la force armée, qui fut imprimé .

 

On y lit :

 

Le peuple français, qui veut pour base de sa Constitution l’Égalité, la Justice et l’universelle Fraternité, a déclaré qu’il n’attaquerait jamais aucun peuple… Le nom d’armée de ligne, le nom de toute espèce de troupe qui puisse être séparée d’esprit du corps de la nation doit être à jamais rayé du dictionnaire de la Liberté, dans lequel on ne doit trouver que celui de la force publique uniquement et entièrement nationale.

 

À la suite de ce discours, le club des Cordeliers publia une « opinion » ainsi conçue :

 

    « La Société des Amis des droits de l’homme et du citoyen ;

    Après avoir entendu, en sa séance du 29 mai dernier, un discours sur l’institution de la force publique ;

    Considérant que, conformément à l’article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le maintien de ces droits ne peut reposer que sur une force publique instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’avantage particulier de ceux à qui elle est confiée ;

    Qu’ainsi, pour assurer constamment cet effet, la force publique devant être une et indivisible comme la souveraineté qui réside essentiellement dans la nation, il faut, par conséquent, que, chez un peuple libre, la force publique ne soit autre que celle de toute la nation armée pour la seule défense de son territoire et de sa liberté, puisque c’est l’unique moyen pour que cette force ne puisse agir que pour la nation, et jamais contre elle ;

    Considérant, enfin, que la force publique ne peut être instituée dans les principes de la Déclaration des droits, et ne peut être vraiment une et nationale, si on y donne la moindre ouverture à l’esprit de division et de jalousie par aucune différence extérieure ;

    Qu’il faut, par conséquent, que l’uniforme national puisse convenir également à toutes les facultés des citoyens ; que, pour cet effet, il est nécessaire qu’il soit simple, solide et d’une même couleur, avec une plaque sur le cœur portant ces mots : Liberté, Égalité, Fraternité ;

    En conséquence, la Société émet le vœu formel :

    1° Que, lors du licenciement de l’armée de ligne, tous les soldats rentrent aussitôt, comme citoyens, dans le sein de la nation, pour en former, au même instant, la troupe du centre des gardes nationales de chaque département ;

    2° Que l’universalité de la force publique soit instituée, sous un même titre, régime d’ordonnance et d’élection d’officiers, sans distinction de grenadiers, de chasseurs et d’épaulettes, attendu que des officiers citoyens, dans une armée purement, généralement et uniquement nationale et dans la constitution de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, ne doivent être distingués que par l’honneur d’être élus par la confiance de leurs concitoyens, et par celui de les guider dans les sentiers du patriotisme et de la valeur.

    La Société, pénétrée des principes du discours d’après lesquels elle a déterminé son vœu, a nommé J. Rutledge, B. de Saint-Sauveur, Lebois et Peyre ses députés pour présenter l’un et l’autre à l’Assemblée nationale en la personne de son président et l’engager instamment à en donner communication à l’Assemblée, dont la sagesse estimera sans doute qu’il est convenable à la haute importance de l’objet d’ouvrir la discussion publique la plus solennelle sur les articles fondamentaux de l’institution de la force publique, qui est le vrai palladium de la liberté, d’où dépend le maintien de la déclaration des droits, le sort de notre Révolution et la tranquillité de l’État au dedans et au dehors, par la formation de la défensive la plus imposante et la plus spécialement nécessaire au premier peuple qui a déclaré qu’il n’attaquera jamais aucun peuple, mais qu’il sera toujours prêt à défendre unanimement le sanctuaire de la liberté.

    La Société a arrêté qu’il serait envoyé des exemplaires du discours de René Girardin et de son vœu exprimé ci-dessus à toutes associations patriotiques, aux départements et aux municipalités de l’Empire, etc., avec invitation aux Sociétés patriotiques d’y donner leur adhésion. »

 

C’est donc le club des Cordeliers, dont la politique était plus démocratique que celle des Jacobins, qui a le premier proposé aux Français la devise : Liberté, Égalité, Fraternité, comme il avait le premier insisté sur la nécessité d’assurer la liberté et l’égalité.

 

Puis, l’Abbé Grégoire, dans son Adresse aux députés de la seconde législature, le 26 septembre 1791, disait de la religion : « Fille du ciel, elle nous apporte la Fraternité, l’Égalité, la Liberté. »

 

Mais malheureusement, c’est d’une toute autre manière que la Fraternité rejoint la Liberté et l’Egalité.

 

C’est une décision du directoire du département de Paris, en 1793, qui popularisa la devise, par le fait même qu’elle en imposa l’usage aux Parisiens, avec une addition sensationnelle.

 

 

« Voici cet arrêté, qui est peu connu :

 

Le Directoire

    Sur la proposition du citoyen MOMORO, l’un de ses membres et commissaire national dans les départements de l’Ouest, d’adresser une invitation, dans toute l’étendue du département de Paris, à tous les propriétaires ou principaux locataires, à l’effet de faire peindre sur la façade de leurs maisons, en gros caractères, ces mots : Unité, Indivisibilité de la République ; Liberté, Égalité, Fraternité, ou la Mort ;

    Considérant que, quoiqu’il ne fût pas nécessaire de peindre sur les maisons de Paris ce qui était profondément gravé dans le cœur de tous les bons républicains, la proposition néanmoins devait être accueillie, autant pour faire mentir tous les malveillants qui ne cessent dans les départements de calomnier Paris en disant que cette cité immense est un repaire d’anarchistes qui ne veulent pas l’unité et l’indivisibilité de la République, que pour engager encore plus formellement les citoyens à soutenir jusqu’à la mort le serment de maintenir cette unité et cette indivisibilité ;

    Considérant, en outre, que les républicains français, après avoir abattu et le tyran et le despotisme, après avoir fait disparaître tous les signes de féodalité, tous ces monuments qui attestaient la honte des Français et l’orgueil des rois, doivent s’empresser de substituer à ces signes d’infamie les nouveaux emblèmes de notre liberté ; qu’il est bon, il est nécessaire que la proposition soit adoptée et exécutée dans le plus court délai possible, afin que nos frères des départements, qui vont accourir de toutes part pour la réunion républicaine du 10 août prochain, lisent jusque sur les façades de nos maisons l’expression de nos sentiments les plus vrais, comme ils les trouveront gravés dans nos cœurs ;

Par toutes ces considérations ;

    Le Directoire arrête que, dans le courant du mois de juillet pour tout délai, les propriétaires ou principaux locataires seront invités, au nom de la liberté, de faire peindre sur la façade de leurs maisons, en gros caractères, ces mots :

Unité, indivisibilité de la République ;

Liberté, Égalité, Fraternité, ou la Mort.

    Arrête, en outre, qu’il sera placé au-dessus de tous les édifices publics une flamme aux trois couleurs, surmontée du bonnet de la Liberté, et que tous les propriétaires sont pareillement invités à en faire placer de semblables au-dessus de leurs maisons, dans le courant du mois prochain ;

    Arrête, de plus que le présent sera envoyé sans délai au ministère de l’Intérieur, aux deux districts ruraux et à la municipalité de Paris, avec invitation de se réunir au département pour son exécution, ne doutant pas que tous les citoyens s’empresseront de donner à la République cette nouvelle marque de leur amour pour elle et la liberté.

    Le Directoire arrête, enfin, l’impression et l’affiche du présent et l’envoi dans les départements de la République.

 

Signé :    Dufourny, président,

    Raisson, secrétaire général »

 

Cet arrêté fut exécuté.

 

Aujourd’hui, à distance, la Fraternité nous apparaît si évidemment comme le but même de la Révolution que nous sommes surpris que ce mot ne se soit pas imposé alors, en une devise nationale, à tous les Français.

 

Le motif en est dans les circonstances de guerre civile et étrangère dans lesquelles se développa la Révolution.

 

Les Français « patriotes », comme on appelait alors les Français révolutionnaires, avaient à se battre contre les Français non patriotes, aristocrates, modérantistes, contre-révolutionnaires, les uns émigrés, les autres conspirant en France même, par exemple l’armée de Condé et l’armée catholique de Vendée.

 

Entre ces deux France, la France révolutionnaire et la France du passé, il y avait une lutte à mort.

 

Il s’agissait de tuer pour ne pas être tué, ou du moins de comprimer l’adversaire par la terreur.

 

La fraternité ! Elle est dans l’avenir, elle ne peut être dans le présent :

 

    « La fraternité publique, dit Barère, et subitement mise à l’ordre du jour, n’est-elle pas nécessairement fausse, exagérée ? N’offre-t-elle pas un commerce suspect, quand il est aussi général, aussi indéfini ? Citoyens, gardons-nous de cette fraternité si facilement improvisée : on fraternisait aussi à l’Assemblée législative, tandis qu’on préparait le massacre des patriotes pour le 10 août.

 

Et il ajouta :

 

    Quel moment a-t-on choisi pour précipiter subitement les citoyens dans les bras les uns des autres ? Celui où une crise nouvelle semble se préparer, celui où les victoires multipliées doivent exagérer les mesures atroces du parti de l’étranger déguisé au milieu de nous.

    … Fraternisons entre patriotes, et ne nous départons pas de notre haine vigoureuse contre les aristocrates…

    …La fraternité doit être concentrée pendant la Révolution entre les patriotes qu’un intérêt commun réunit. Les aristocrates n’ont point ici de patrie, et nos ennemis ne peuvent être nos frères. »

 

Donc plus de banquets fraternels : la Convention les proscrira par un « décret moral », dont elle renvoie l’exécution, dit Barère, « au tribunal révolutionnaire de l’opinion publique ».

 

Quand on a lu ce rapport de Barère, on connaît les véritables raisons, les raisons politiques pour lesquelles la devise : Liberté, Égalité, Fraternité, ne fut pas la devise nationale des Français en l’an II.

 

Il faudra donc attendre la fin de la 3ème Révolution en 1848 pour que la Fraternité soit enfin associée à la Liberté et l’Egalité comme devise nationale.

 

  • La fraternité dans son développement constitutionnel


 

Comprise comme un concept philosophique dans l'esprit des lumières, comme l'inspiration et la conquête politique de la Révolution, puis comme un pacte de combat contre la réaction aristocratique sous la terreur jacobine, regardée comme l'influence des valeurs chrétiennes dans l'idéal républicain de 1948, porteuse des valeurs sociales et de l'Etat providence au XIXe siècle, vecteur de l'universalisme, de l'internationalisme et du cosmopolitisme, inspiratrice enfin de la décolonisation au XXe siècle, la Fraternité fut toujours disputée, discutée et même niée pour l'idéal même qu'elle représente.

 

A chacune de ses renaissances, elle fut en effet contestée, tour à tour, par les doctrinaires de l'ordre public, comme par ceux de l'aristocratie, du positivisme, du laïcisme, du traditionalisme, du marxisme, du libéralisme, du nationalisme ou encore travestie par le fascisme.

 

Il s'agit donc d'abord d'une fraternité politique fondée sur l'appartenance à une même collectivité, l'adhésion à un groupe qui repose nécessairement sur la liberté et l'égalité.

 

Dès cette époque, la fraternité est donc un principe politique, c'est le ciment de la nation.

 

C'est à cette fin que la Constitution de 1791 dans son titre premier, titre intitulé : « dispositions fondamentales garanties par la Constitution » prévoyait : « Il sera établi des fêtes nationales pour conserver le souvenir de la Révolution française, entretenir la fraternité des citoyens, et les attacher à la Constitution, à la Patrie et aux lois ».

 

Dans l'esprit du constituant de 1848, la fraternité était donc le support d'un véritable programme de gouvernement « La fraternité c'est la loi de l'amour » dit une circulaire gouvernementale. « De la découlent : l'abolition de tout privilège, la répartition de l'impôt en raison de la fortune, un droit proportionnel et progressif sur les successions, le service militaire pesant également sur tous, une éducation gratuite et égale pour tous, l'instrument du travail assuré à tous ».

 

Ce programme ne fut pas sans réalisations concrètes, la plus historique fut l'abolition de l'esclavage dans les colonies et possessions françaises, mais ce furent aussi l'introduction du suffrage universel et la mise en œuvre d'une politique d'aide et de solidarités sociales ; même si c'est sur la question sociale que sont révélées les limites du principe de fraternité et qu'en définitive s'est éteint l'élan révolutionnaire.

 

Ce qui établit la pleine capacité de la fraternité à produire des normes concrètes applicables à la société et en conséquence, à fonctionner comme un véritable principe juridique ou un fondement du droit, au même titre que les principes de liberté et d'égalité.

 

Tel fut par exemple le cas de l'institution en 1988 du revenu minimum d'insertion et plus récemment du revenu de solidarité active introduit par la loi du 21 août 2007 et généralisé en 2008.

 

En instituant ces régimes sociaux, le législateur s'est expressément et concrètement référé au principe de fraternité.

 

Le principe de Fraternité sert également de base à la jurisprudence du Conseil Constitutionnel :

 

Par une décision du 16 janvier 1986, le Conseil constitutionnel a jugé, à propos de la Sécurité sociale, qu'il revenait au législateur d'organiser la solidarité entre personnes en activité, personnes sans emploi et retraités en même temps que de maintenir l'équilibre financier permettant à l'ensemble des institutions de Sécurité sociale de remplir leur rôle. Il en a déduit que rien ne s'opposait à des transferts de ressources d'un régime vers l'autre, afin de financer des régimes d'assurances vieillesse déficitaires, particulièrement défavorisés en raison de la situation économique et sociale.

 

L'autre grand champ d'exercice de la valeur de fraternité englobe tous les droits qui expriment le respect de la dignité humaine ainsi que l'acceptation d'autrui, par exemple le droit d'asile, le droit de mener une vie familiale normale ou encore le droit aux soins pour les étrangers en situation irrégulière.

 

Dans cette perspective, le Conseil constitutionnel a fait de nombreuses applications du principe de dignité de la personne humaine qu'il a étendu au domaine social en jugeant, par exemple, en 1995 que la possibilité pour toute personne de disposer d'un logement décent était un objectif de valeur constitutionnelle.

 

Ce qui n'est pas autre chose qu'une conciliation entre le devoir de fraternité et le droit de propriété.

 

Incontestablement, dans notre histoire, la fraternité a joué une fonction subversive.

 

C'est elle qui lors de la Révolution de 1789 a renversé les valeurs aristocratiques d'une société d'Ancien Régime profondément inégalitaire. L'iconographie de la nuit du 4 août est une puissante illustration de l'élan fraternel qui, toutes classes confondues, noblesse, clergé et tiers état, décida l'abolition des droits féodaux.

 

C'est encore la fraternité qui fut à l'origine de l'abolition de l'esclavage, d'abord sous la Révolution de 1789 par le décret du 29 août 1793, puis de manière définitive par la Révolution de 1848 par le décret du 27 avril 1848 auquel Victor Schœlcher attacha son nom.

 

C'est aussi l'idéal de fraternité qui inspira le processus de décolonisation pacifique engagé par la Constitution de 1958, processus qui déboucha sur les référendums d'adhésion à la Communauté française puis sur ceux de l'accession à l'indépendance des colonies d'Afrique.


 

  • La fraternité dans son implication maçonnique


 

A la question du V.M. « Frère Premier Surveillant, êtes vous maçon ? », il est répondu « Mes Frères me reconnaissent comme tel ».

 

Mes frères ? Quel est ce lien qui nous unit ? De quelle manière nous unit-il ?

 

Si le rituel parle de frères, de toute évidence, il s'agit de fraternité, dernier mot de la devise qui nous est chère.

 

Je souhaite m’attacher à la fraternité qui unit chacun d’entre nous à tous les francs-maçons et du globe, passés, présents et à venir depuis le soir de notre initiation.

 

Et elle est très particulière.

 

Comment pourrions-nous définir la fraternité maçonnique ?

 

La fraternité est le lien moral de parenté qui unit frères et sœurs.

 

Étymologiquement, le sens originel du mot fraternité vient du latin fraternitas qui fait référence à la relation entre frères ou encore entre peuples. La fraternité désigne alors le sentiment profond de ce lien et comporte une dimension affective. Vous avez beau vous fâcher avec votre frère, vous fâcher avec votre sœur, vous ne détruirez pas la fraternité qui est entre vous. Par extension, c’est la liaison étroite de ceux qui, sans être frères, se traitent comme frères. Il y a fraternité entre ces deux familles, entre ces deux compagnies.

 

Et s’il existe une dimension affective, cela engendre une notion d’Amour.

 

Lors de notre initiation nous prêtons serment d’« aimer nos Frères ». Mais de quel Amour s’agit-il ?

 

En Français, s’il n’existe qu’un seul mot, en grec ancien, il y en a 4 :

 

  • La « philia » c’est l’amitié, la solidarité, le souci de l’autre dans la réciprocité, c’est « l’amour qui partage », c’est se réjouir ensemble. La « philia » est réciproque ou elle n’est pas.

  • L'« eros »c’est l’attirance sexuelle, le désir, le manque, la concupiscence et la captation. C’est « l’amour qui prend »

  • L'« agapê »c’est l’amour universel, la bienveillance. C’est « l’amour qui donne » sans contrepartie, si ce n’est par plaisir de donner ou de se donner. C’est cet amour qui est utilisé dans la Bible.

  • La « storge » c’est l’amour familial, comme l'aection d’un parent pour son enfant.

 

De toute évidence, s’agissant de la fraternité initiatique ni l’« eros » ni la « storge » ne sont concernés. Restent la « philia » et l’« agapê ».

 

Je sais que la « pensée unique maçonnique » voudrait que l’amour que nous partageons dans nos temples soit de l’ordre de l’« agapê ».

 

Mais je pense que l’amour que nous éprouvons les uns envers les autres est plus de l’ordre du « philia ».

 

En premier lieu, parce que la « philia » est un amour dans la réciprocité et que l’amour que nous partageons est réciproque ou il n’est pas.

 

En deuxième lieu parce que, comme avec notre fratrie de sang, nous ne choisissons pas nos frères et sœurs. En l’occurrence, ce sont eux qui nous choisissent.

 

En troisième lieu, nous pouvons nous fâcher avec un ami, le rayer de notre agenda. Pas un frère, qu’il soit de sang ou de franc-maçonnerie.

 

C’est un lien, sanguin ou initiatique, qui demeure pour la vie entière, même si on démissionne de la franc-maçonnerie.

 

On ne peut pas retirer son initiation à un Frère, comme on ne peut pas retirer la naissance à son frère de sang.

 

En quatrième lieu : « ici, ce soir, vous êtes tous mes Frères, mais vous n’êtes pas tous mes amis. » Un ami se choisit, se cultive, on a avec lui un lien, sans contrepartie, on se donne à lui.  Un Frère, on le subit (dans le sens de passivité et sans connotation péjorative de ma part).

 

A la question que nous pose notre VM : « Vous avez connu beaucoup d’hommes, vous avez peut-être des ennemis. Si vous en rencontriez dans cette assemblée ou parmi les Francs-Maçons, seriez-vous disposé à leur tendre la main et à oublier le passé ? », nous avons tous répondu « oui ».

 

Mais si nous sommes disposés à « tendre la main à un ennemi », il n’est pas question pour autant de nous en faire un ami.

 

Nous touchons là à deux types d’amour diérents : l’un, vers notre Frère, neutre, subit, peu aectif, de l’ordre du devoir et l’autre, vers notre ami qui est lui très aectif, intime, de l’ordre du don de soi.

 

Nous nous engageons par serment à cet amour « philia » ; c'est un devoir.

 

En revanche, on peut estimer que l’« agape » serait l’idéal à atteindre.

 

Je préfèrerais à cette formule « philia », un enseignement à l'écoute de l'autre, plus « agape » : « Fais aux autres tout le bien qu’ils voudraient que tu leur fasses ».

 

Notre fraternité initiatique est dans la réalité de ce qui s’y passe et pas dans l’utopie à atteindre. Reste qu'elle a cette particularité ; elle est initiatique.

 

L’aspect initiatique de la fraternité maçonnique :

 

Si nous ne choisissons pas activement nos Frères et Sœurs comme dans une fratrie consanguine, nous choisissons d’appartenir à une fraternité existante. Et nous choisissons même nos futurs Frères de notre Loge.

 

A plusieurs reprises, j’ai fait référence à notre initiation qui nous octroie cette seule appellation de Frère.

 

Mais restreindre l’aspect initiatique de la fraternité en Franc-Maçonnerie à la seule soirée de l’initiation serait lui retirer une grande partie de sa valeur.

 

En eet, si nous entrons dans la communauté maçonnique le soir de notre initiation, que dis-je, dans la fraternité maçonnique, nous y demeurons jusqu’à notre mort.

 

Et nous le savons, cette fraternité revêt plusieurs aspects :

 

Esotérique : c’est par le parcours que nous menons en Loge, avec nos Frères, en nous rectifiant nous-mêmes et en leur renvoyant l’image d’eux-mêmes que l’on progresse, qu’on permet à l’autre aussi d’avancer. En Franc-Maçonnerie, si on voyage pour soi-même, c’est avant tout grâce aux autres et à leur fraternité.

 

Exotérique : nous nous devons aide et assistance, ce qui fait fantasmer beaucoup le monde profane. Mais qu’en est-il dans la réalité lorsqu’on s’éloigne de son Orient ? Par expérience, cette fraternité ne s’exprime plus trop.

 

Quels sont les Frères qui prennent des nouvelles des Frères éloignés ?

 

Ces Frères restent nos Frères même s’ils ne sont plus Francs-Maçons, ne pratiquant plus le travail en Loge.

 

Qui prend encore des nouvelles de Frères démissionnaires ? Alors notre fraternité initiatique est-elle « Agapê » ou « Philia » ? La pensée unique maçonnique qui voudrait que ne règne que l’amour « Agapê » entre les Frères se heurte à la réalité. Si la fraternité existe encore, elle ne se résume qu’à un lien dû à notre initiation et à ce que nous avons partagé en Loge pendant un certain temps et elle se vide, par notre faute, de tout amour qu’il soit.

 

 

D’ailleurs, à la question rituelle « êtes-vous Franc-maçon ? » ne répondons-nous pas : « mes Frères me reconnaissent comme tel ».

 

Réponse édifiante qui ne montre qu’une reconnaissance entre les Frères sans aucun affect.

 

Si nous nous contentons de ce simple lien vidé d'« amour », y-a-t’il encore un intérêt à être franc-maçon ?

 

La fraternité initiatique se partage, elle se cultive par l’échange en Loge d’abord mais aussi en « poursuivant à l’extérieur l’œuvre commencée dans le Temple ».

 

Oui, nous avons le devoir d’aimer nos Frères pour leur faire part de nos réflexions quand ils planchent, de pouvoir leur confier toute notre intimité la plus profonde et de recevoir toute la leur.

 

Nous avons aussi le devoir d’accompagner nos Frères tout au long de notre parcours initiatique, et du leur.

 

Nous ne pouvons plus nous contenter de partager notre fraternité pendant les travaux et entre ceux-ci, plus rien !

 

Nous devons la faire vivre aussi en-dehors du temple !


 

J’ai dit V:.M:.

 

 

 

 

 

DE LA CATHEDRALE AU TEMPLE.

 

Depuis toujours, j’ai participé aux célébrations du culte catholique. Parfois, enfant au cours de ces longs offices, mon dialogue avec le Très Haut, s'est trouvé interrompu et pour pallier l'ennui, je me suis pris à contempler les édifices dans lesquels je me trouvais. Les cathédrales d'Angoulême, Sens, Strasbourg, Lisbonne, Séville, Toulon et Notre Dame du Congo à Brazzaville m'initièrent à cet univers très particulier qui imprègne ces grandes dames de pierre. Admirer leur beauté, s'étonner de leur force architecturale et essayer d'approcher la sagesse enseignée au travers des messages spirituels qu'elles délivrent, devinrent vite un plaisir.

 

Je les ai recherchées. A ma première liste j'ai ajouté Chartres, Reims, Bourges, Saint-Malo, Laon, Burgos, Salamanque, Le-Vézelay, Cologne, Ulm, Budapest, Vienne, Prague, Saint-Jacques de Compostelle, Alcobaça, Mafra et bien d’autres dont je vous ferai grâce.

 

Puis un jour, il y a plus de 15 ans, j'ai pénétré dans un temple. Au delà de l'émotion provoquée par mon initiation, mon corps et mon esprit ont délivré les mêmes messages, les mêmes sensations que celles que j’éprouvais au sein d'une cathédrale.

 

L'origine de ce temps retrouvé était-il provoqué par l’architecture et les symboles disposés dans l’enceinte de notre Temple ou par le rituel et la fraternité émanant de notre assemblée ?

 

Les études sur les cathédrales comme les travaux sur la M.... opérative et la M... spéculatives sont innombrables, aussi je ne tenterai pas de m'aventurer sur leurs vérités ou leurs mystères mais je vais essayer simplement de vous faire part de mes découvertes personnelles qui ont étayé mon analyse et procuré quelques réponses.  

 

 

Très rapidement, pour ne pas partir dans tous les sens, comme dans tout travail maçonnique tant l'information est riche, j'ai tenté de « borner » mes réflexions et retenir quelques choix concernant  les édifices, l’époque, le style, le lieu géographique de la matière à explorer. Découvrant que dans un faible rayon  autour de Paris, nous avons plus d’une douzaine de cathédrales, j’ai décidé d’en choisir une, pour moi parmi les plus belles et sans doute la plus symbolique : la Cathédrale de Chartres.

 

 

« Il est des lieux où souffle l’esprit »

 

 

 Avec le Mont Saint Michel, Chartres en est sans doute l’un des lieux les plus représentatifs de la transcendance. Sur son promontoire surplombant autrefois la forêt Carnutes devenu les champs de blé beauceron, la cathédrale nous indique le ciel. Par son emplacement, elle est l’essence du divin, l’expression de l’esprit.

Sa construction date du début du XII ème siècle, au cours de ce grand élan mystique qui a envahi l’Europe chrétienne médiévale. Plusieurs générations se sont mobilisées pour participer à l’un des plus grands moments de construction de notre histoire humaine. Notre pays y a consacré une part importante de ses richesses et s’est doté d’un patrimoine inégalé qui n’est pas sans rappeler celui des pyramides d’Égypte.

 

Pour Chartres comme pour bien d’autres églises, le terme construit n’est pas exact. La cathédrale a été reconstruite en remplacement de la cathédrale romane de l’abbé Fulbert, détruite dans l’incendie du 11 juin 1194. Nous savons également que depuis la nuit des temps, ce site exceptionnel était un lieu de pèlerinage où les cultes druidiques et celtiques rassemblaient des foules importantes venues des plus lointaines contrées.

 

A la même époque, soit la fin du XI ème siècle, à Cluny, l’occident remplace l’arc roman « plein cintre » par l’arc brisé en deux cintres appelé « ogif » ou « ogival » terme d’origine persane. Les charges architecturales peuvent alors être réparties différemment. Les piliers massifs se transforment en colonnes, les murs se réduisent, les réseaux ou croisées d’ogives fleurissent, les contreforts et surtout les arcs-boutants reçoivent les poussées verticales comme horizontales. Déplacés vers l’extérieur, les éléments porteurs permettent aux nefs de s’apurer, de s’élever, défiant ainsi les forces élémentaires de la pesanteur et du vent.

 

Grâce aux premières connaissances architecturales vérifiées par l’abbé Suger à Saint Denis ou annotées par Villars de Honnecourt dans ses carnets, la nef de Chartres peut s’élancer vers le ciel.  Elle n’est pas la seule ; celle de Notre Dame de Paris culmine à 35m, suivi de Reims à 37m et d’Amiens à 42m.  Comme la tour de Babel, les nouveaux édifices montent toujours plus haut. Saint Pierre de Beauvais atteindra sous voûte 45m. Cet orgueil sera sanctionné, son chœur s’écroulera douze ans après sa construction.

A ce sujet, il est important de constater que Chartres est l’une des très rares cathédrales qui ait traversée intacte les siècles. Ni bombardement comme à Reims ou Soissons, ni architecte comme Viollet-le-Duc ne sont venus modifier l’œuvre que nous ont laissé nos anciens. Seuls les révolutionnaires de 1789 ont endommagé quelques unes des 4000 statues décorant l’édifice. Nous pouvons donc affirmer que tous les signes ou mystères qui nous allons découvrir en ce lieu sont d’origine ; messages authentiques laissés par les maîtres compagnons uniquement soumis à notre interprétation.

 

Chartres

 

L’Orientation, la porte.

 

 L’axe de notre Temple est orienté à l’identique de celui des cathédrales romanes et gothiques, soit, dans le sens de la longueur d’Ouest en Est. Certes, un léger décalage tourne Chartres vers le nord-est mais aucune véritable explication scientifique ou historique n’ayant été donnée à ce fait, retenons l’essentiel : Dans le Temple, de l’Occident à l’Orient, du Midi au Septentrion, nous quittons l’obscurité pour nous tourner vers la lumière comme nos anciens, les MM… M.…du passé nous l’ont enseigné en bâtissant les cathédrales.

Aussi, avant chaque tenue, notre approche « éclairée » vers la porte du Temple ressemble étrangement à la traversée du parvis de la Cathédrale de Chartres.

 

Au sujet du parvis, je me permettrai une parenthèse. Lorsque les membres du chapitre des cathédrales décidèrent de rendre leurs églises plus dignes et plus empreintes de spiritualité et d’en expulser la vie profane, ils ne savaient pas qu’ils allaient donner à ces parvis une véritable fonction festive et éducative dans la cité. Ces espaces furent dédiés à la célébration des mystères où Théo et Thanatos, notre vie et notre mort se mêlèrent ; lieux privilégiés du questionnement spirituel de l’homme. Sous une forme parfois plus récréative, le parvis de notre Temple n’est-il pas l’espace où les échanges entre les plus jeunes et les anciens, les apprentis et les M… alimentent en permanence nos interrogations sur notre place en F.M… et sur son rituel ?

 

Nous sommes maintenant arrivés au seuil de la Cathédrale, découvrons son Portail Ouest, qui comme celui de Saint Jacques de Compostelle, a traversé intact ces derniers siècles : Rappelons le, il est le principal vestige avec les vitraux ouest, de la cathédrale romane détruite en 1194.

 

Contrairement aux portails latéraux, ce portail n’est pas protégé par un porche. Il s’offre de loin à la vue du visiteur et remplit pleinement sa fonction première : instruire le profane et marquer la séparation entre le temporel et le sacré. Par la beauté de la décoration de ses trois portes, la splendeur de ses statues, il explique le Dieu roi.

Les trois figures divines du mystère de la foi chrétienne, la trinité ou Tri-unité, y sont rassemblées en une, magnifiant ainsi le Père, le Fils et le St Esprit en ce symbole unique, qui est aussi celui du G…A…D…L…U.

C’est ce « gloria» statufié qui a valu, à ce portail le titre de Royal. Cette appellation unique dans toute l’architecture chrétienne n’est pas neutre, seul un Art au même titre a pu transcrire dans notre réalité un tel mystère.

 

 

Le Statuaire

 

Les nombreuses statues et tous les symboles de la Cathédrale qui délivrent un message à notre attention sont trop importants pour que je puisse les énumérer dans ces quelques lignes, aussi permettez moi de choisir quatre motifs des plus significatifs.

 

Les deux premiers sont les statues de Saint Georges et Saint Théodore. Debout, portant l’épée, ils gardent l’entrée sud de la Cathédrale, la Porte des Chevaliers, mais leur fière allure ne doit pas nous masquer un détail majeur ; contrairement à la position hiératique adoptée par toutes les statues colonnes de l’art roman, ils ont leurs pieds en équerre.

A chaque tenue, lorsque nous pénétrons dans le Temple, notre F…Couvreur… n’est il pas le digne successeur de ces deux gardiens de pierre ?

 

Il m’aurait été impossible de vous présenter ce morceau d’architecture sans vous parler des deux sculptures suivantes :

Deux pilastres séparent les portes latérales du portail Royal. A la hauteur de 23m 15 exactement, juste en dessous de la rosace centrale, ces colonnes sont couronnées d’un chapiteau surmonté d’un détail sculpté qui, à gauche, est un « protomé » ou poitrail d’un bœuf, à droite l’avant-corps d’un lion.

Des explications plus ou moins rationnelles recherchant dans les rites gaulois la signification de ces deux sujets ont très vite été émises. Au XIXème siècle l’Abbé Bulteau, éminent spécialiste comme Huysmans a cherché à approfondir ce mystère. La première information recevable fut découverte dans le recueil « Rationnal des offices divins » écrit en 1287 par Guillaume Durand, évêque de Mende. Il note « les représentations d’animaux …. …. hors de l’église à savoir : aux portes et au front du temple comme le Bœuf et le Lion ».  La présence du mot Temple n’est pas anodine, l’explication définitive de cette présence nous sera donnée par une inscription gravée sur l’un des voussoirs du portail de l’abbatiale de Moreaux située à Champagné-Saint-Hilaire (Vienne).

 

« UT : FUIT : INTROITUS : TEMPLI : SCI (=sancti) : SALOMONIS,

SIC :EST :ISTIUS :IN MEDIO : BOVIS : ATQ (=atque) : LEONIS. »

 

« Telle fut l’entrée du saint Temple de Salomon, ainsi que se présente celle de ce temple, au milieu, entre le Bœuf et le Lion ».

 

Nous connaissons tous la signification des colonnes qui furent érigées à Karnak comme à Tyr. Comme Hiram l’a voulu, YAKÎN et BOAZ marquent à jamais l’entrée de notre temple comme elles le font dans la cathédrale de Chartres.

 

Si ces deux symboles n’étaient pas suffisamment clairs pour nous instruire, incrédules que nous sommes, regardons alors les deux flèches qui s’élancent vers le ciel. Elles sont dissymétriques, au nord un clocher actif, masculin, terrien Yakîn, au sud, un clocher plus féminin, passif, aérien, Boaz.

Il est possible que dés l’origine, Jehan de Beauce en érigeant le clocher neuf en style gothique flamboyant, eut la volonté de dépasser le clocher sud plus ancien.  Par la force des choses, il dut construire une tour plus robuste, [1] mais comment expliquer que dés 1539, à la suite de dégradations dues à la foudre, Laurent de Beauce, potier de son état y installa la lune ? De nombreuses péripéties historiques et naturelles modifièrent les motifs disposés au sommet des deux flèches (bonnet phrygien, drapeau, ….), mais depuis 1690, un soleil sur la grande flèche et une lune sur l’ancien clocher éclairent les journées chartraines comme ils illuminent nos travaux. Une inscription « Sol Justitiae » Soleil de justice y vient légender le symbole : oui le soleil nous éclaire avec force, beauté et sagesse.

 

A Chartres, nous trouvons également la présence du Soleil et de la Lune dans le « Compostelle » Campo Stella, le champ des étoiles dessiné sur la voûte de la Crypte de la Cathédrale.

 

 

La Dimension

 

Fort de ces enseignements, nous pouvons enfin pénétrer dans l’enceinte sacrée.

 

« Qu’est ce que Dieu ? Il est tout à la fois longueur, largeur, hauteur et profondeur » a prêché Saint Bernard de Clairvaux.

 

Plus que toute autre, la Cathédrale de Chartres illustre ce propos. Dès nos premiers pas dans le narthex, ses dimensions comme ses proportions nous incitent à rechercher son centre, à nous diriger vers la vérité, à nous tourner vers la lumière.

 

A l’identique du chemin que nous parcourons dans le temple, le volume même de cet édifice nous plonge dans un état propice à la réflexion, à la pensée et au travail.

Contrairement aux plans d’églises ou d’abbatiales comme ceux de Boscodon qui ont été intégralement tracés à partir du carré long ou rectangle d’or, le plan de Chartres est plus complexe à déchiffrer. Par la succession de constructions des basiliques paléochrétienne, mérovingienne, carolingienne et romane sur son site, son tracé a été rendu plus fouillis voire confus. Pourtant, sachez que de ce foisonnement surgit l’équilibre. Sans rentrer dans une explication rationnelle trop complexe, l’équilibre qui se dégage du bâtiment n’est pas le seul fruit du hasard. Aujourd’hui, nous connaissons parfaitement toutes les règles intégrant le nombre d’or qui ont dicté sa conception.

 

Pour illustrer ce propos, nous pouvons retenir deux exemples :

 

  • A la fin du XII ème siècle, notre système métrique n’est pas utilisé. Les différentes parties en plan et volume sont liées entre elles par des rapports de grandeur simples fondés sur un module ou commune mesure que nous appellerons unité. Chacune diffère en fonction des Maîtres bâtisseurs qui, les conserve secrètement, les dévoilant uniquement aux initiés à l’occasion de chaque ouverture de chantiers. A Chartres comme ailleurs, pour tout nouveau passage d’une équipe sur le chantier, la mesure étalon est révélée par les compagnons déjà présents aux arrivants formant ainsi une chaîne non rompue indispensable à la bonne construction de l’édifice aux travers des années. Sachez que cette mesure est encore utilisée de nos jours pour les travaux de réfection. Appelé unité de Chartres, elle aura également un caractère plus universel car elle s’exportera et par la suite, sera retrouvé dans les plans de nombreuses églises. D’une longueur de 0,82cm soit environ un double pied[2], elle rythme tout le lieu jusque dans ses moindres détails. Ce chiffre en lui-même n’est pas très parlant, mais si nous exprimons la longueur totale de la cathédrale soit 132,70m avec cette unité, nous trouvons 161,8U soit 100φ. Comme pour notre temple, l’utilisation du nombre d’or est là, participant à Chartres de son harmonie et de sa beauté.

La corde à nœud qui ceinture notre enceinte rappelle que les dimensions de notre Temple comme celle de Chartres sont tracées à partir du nombre d’or, mesure symbole de l’équilibre et de l’harmonie.

 

  • Vers le ciel, à la vue de l’immense voûte en ogive de la cathédrale , nous retrouvons cette impression d’harmonie parfaite. Elle n’est pas le résultat d’un calcul compliqué fruit du savoir d’un technicien laborieux. Une étoile flamboyante vient s’inscrire parfaitement dans l’ogive, ses deux branches inférieures au niveau des chapiteaux et les trois autres traçant la ligne parfaite de cette construction qui défie en cet endroit la pesanteur et le temps. A Chartres comme ici, l’Étoile Flamboyante éclaire nos travaux.

 

La Lumière

 

Dans le passé, Chartres a été appelé « Liber pauperum», le Livre du pauvre. Cette cathédrale démontre à elle seule comment la lumière éclaire l’instruction du profane. Au travers de ses 184 baies et de ses 2600 m² de vitraux, le « bleu de Chartres » rayonne, illuminant l’œuvre dans son intégralité. Il anime tous ses recoins les plus cachés et découvre chacun des chefs d’œuvre qui y ont été disposés. Comme dans notre Temple, la Cathédrale recueille la lumière, la canalise et la transforme.

A midi, elle éclaire nos travaux, à minuit elle dispense vers l’extérieur le rayonnement de ses flambeaux.

Mais les vitraux de Chartres ne sont pas seulement des vecteurs de lumières, ils délivrent de nombreux messages ouverts à nos investigations ou à notre connaissance.

 

Notre-Dame-de-la Belle-Verrière est sans doute son vitrail le plus connu voire du monde entier. Restauré en 1990, il illumine de sa splendeur et de ses innombrables éclats la majeure partie de la nef. Pourtant, un détail peu connu de ses millions d’admirateurs existe : Tous les ans, le 22 août qui correspond au 15 Août du calendrier Julien utilisé au Moyen Age, vers 14H 40 heure de Greenwitch, un rayon de soleil vient directement relier le visage de la Vierge présent au sommet du vitrail et le centre du labyrinthe situé dans la nef.

 

Son Labyrinthe.

 
Les labyrinthes existent depuis l’antiquité. Certains rayonnent encore dans quelques églises comme à Santa Reparate[3]
, à Ravenne ou à Lucques, mais sachez que le Labyrinthe de Chartres, nommé « La Lieue de Jérusalem » est le plus grand et l’un des plus beaux qui nous soit permis d’admirer. Identique sans les bordures, à celui de Sens aujourd’hui disparu ou celui dessiné par Villard de Honnecourt, il est symbole par excellence et mérite à lui seul de nombreux morceaux d’architecture. Aussi, aujourd’hui, je me contenterai simplement de me rappeler que notre pavé mosaïque, est lui aussi symbole de notre difficile quête. Comme les Vitraux à l’Occident éclairent le Labyrinthe de Chartres, en notre Temple, trois grandes lumières éclairent notre mosaïque, notre « labyrinthe ». 

 

 

Les signes

 

 

Instruit au travers du chemin que je viens de parcourir avec vous, je peux enfin m’asseoir dans le chœur, me mettre à couvert. Fort de tous ces symboles communs qui m’ont été dévoilés, je découvre, rassemblés à mes cotés mes frères en leurs grades et qualités siégeant au sein du temple.

 

Dans les cathédrales, les ouvriers qui participent à la bonne réalisation de l’œuvre sont également issus de différentes loges. Regroupées en équipes, ils exercent leurs métiers avec conscience et application. Sous les ordres de l’architecte ou du Maître constructeur, ils effectuent leurs travaux suivant les us, coutumes et traditions qui leur ont été enseignés. Ils sont bien rémunérés ce qui explique aussi la qualité du travail effectué. Au sommet de leur hiérarchie, se trouvent les tailleurs de pierres. Ils travaillent soit à proximité du chantier, soit directement sur le site taillant et agençant leurs morceaux d’architecture. Ils nous rappellent que toute architecture est inspirée par la sagesse et la foi, éclairée par la connaissance mais aussi fruit d’un labeur ininterrompu des ouvriers qui travaillent du levé du soleil à son couchant.

 

Chartres est sans doute la plus belle illustration de cette réalité, de cette force. Elle a été la Cathédrale la plus rapidement construite, en 29 ans seulement.

 

Des textes anciens ont raconté l’immense élan qui a permis à son édification. Par la sagesse du jeune roi Louis IX qui a décidé de son chantier et les formidables moyens qui ont été dépensés à sa construction, tout tend à prouver que Chartres plus que toute autre cathédrale, s’est voulu le Nouveau Temple de Salomon.

 

De nombreux signes laissés par les Compagnons bâtisseurs existent. Ils sont nombreux et des plus divers. Leur classification ou leur étude se rapproche plus du travail du chartiste ou du bénédictin que de celui du M. que je suis.

 

Je n’en choisirai qu’une seule marque pour vous présenter la présence éclairée de nos compagnons opératifs à Chartres.

 

Dans la partie romane, située à l’intérieur même de l’édifice, à droite de l’entrée de la salle basse du clocher neuf, au sud de l’angle de pierre, une petite marque de tâcheron à 1, 45 m du sol de 11 cm de haut sur 14 cm de large nous interpelle. Cette inscription datée du XIIème siècle représente une sorte de double papillon ou évoque une vague tête de taureau.

Cette petite signature du Maître ouvrier est considérée par beaucoup comme la représentation formelle du Trône de Salomon. Ce signe présente la genèse de nos cathédrales comme la poursuite d’une aventure architecturale millénaire et installe à jamais la réalité de la « Chaire de Salomon » ici présente à nos yeux.

 

J’espère, que la narration de ce court voyage qui m’a fait passer de Chartres à Clichy n’aura pas été pas été trop personnelle et que j’aurai réussi à vous communiquer quelques clés aidant à la lecture des symboles de notre Temple et susceptibles de vous enrichir dans vos travaux. Tel était mon but. S’il n’avait pas été atteint, veuillez m’en excuser. Que cette maladresse vous incite, vous aussi, à franchir régulièrement le seuil des cathédrales. Dans votre cheminement personnel, vous en retirerez, j’en suis sur, sagesse, force et beauté comme nous le faisons lors de nos tenues.

 

Mais, pour nous M. il existe une autre état délivré par toute présence au cœur de ces grandes nefs de la connaissance et de la spiritualité. Ce sont ces sentiments d'appartenance à une même communauté fraternelle, ici d'initiés qui, depuis la nuit des temps, a su rechercher par un travail juste et parfait, sens et élévation.

 

Cette chaîne ne s'est jamais pas rompue, elle est vivante et source de joie.

 

Identique à celle qui a porté, en son temps, la construction de la Cathédrale de Chartres, cette joie  doit continuer à nous habiter.

 

Elle est et sera fruit de cette fraternelle et régulière présence à nos tenues, enrichie en permanence par le résultat de nos travaux.

 

J’ai dit

 

D.F.

 

[1]              La Tour Nord haute de 112mètres dépasse la Tour sud de 9 mètres environ.

[2]              Pour les non initiés, la coudée, fruit d’un rapport constant avec l’unité précédemment choisie sera utilisée. Elle sera fixée à 0,738 m.

[3]              El Asnam ex Orléansville Algérie